La santé de nos chiens et de nos futures portées occupe une place importante dans notre travail de sélection. Les tests génétiques nous permettent de connaître le statut de nos reproducteurs pour différentes mutations héréditaires et surtout de choisir nos mariages en connaissance de cause. Notre objectif n’est pas d’afficher le plus grand nombre de tests possible, mais de comprendre ce que nous testons, pourquoi nous le testons et comment utiliser correctement les résultats.

ANTAGENE est un laboratoire français spécialisé dans les analyses génétiques chez les animaux, notamment chez le chien. À partir d’un prélèvement ADN, le laboratoire recherche différentes mutations responsables de maladies héréditaires et permet de déterminer le statut génétique du chien pour chacune d’entre elles. Dans notre élevage, les prélèvements destinés aux tests ANTAGENE sont réalisés directement par notre vétérinaire. C’est un choix important pour nous. Lors du prélèvement, l’identité du chien est vérifiée et une fiche est complétée avec les informations nécessaires, notamment son numéro d’identification électronique (puce). Cela permet d’assurer la traçabilité du prélèvement et de garantir que l’échantillon envoyé au laboratoire correspond bien au chien déclaré, en évitant toute substitution ou erreur lors du prélèvement. Pour nous, faire tester ses chiens est important. Pouvoir garantir quel chien a réellement été testé l’est tout autant.

Dans le milieu de l’American Bully, beaucoup d’éleveurs annoncent aujourd’hui des chiens « testés sur plus de 250 maladies génétiques ». Cela peut sembler impressionnant, mais il faut comprendre ce que ce chiffre signifie réellement.Ces grands panels génétiques regroupent des centaines de mutations identifiées chez de nombreuses races de chiens différentes. Cela ne signifie donc pas que ces 250 maladies concernent l’American Bully, ni qu’un American Bully est exposé à chacune d’entre elles. À nos yeux, mettre uniquement en avant le nombre « 250+ » est donc avant tout un argument commercial : un nombre plus élevé ne signifie pas automatiquement un meilleur dépistage. Nous préférons nous concentrer sur les 7 maladies ou groupes de maladies génétiques que nous avons retenus dans notre programme de dépistage pour l’American Bully, et qui peuvent être recherchés par notre laboratoire ANTAGENE. Pourquoi mettre en avant des centaines de résultats concernant des mutations associées à d’autres races simplement pour afficher un chiffre impressionnant ? Pour nous, l’essentiel n’est pas de savoir combien de maladies ont été testées, mais lesquelles, pourquoi elles ont été testées et surtout comment les résultats sont utilisés pour choisir les reproducteurs.
250 tests sur une feuille ne remplacent pas un mariage génétiquement réfléchi.
L’APR regroupe différentes maladies génétiques qui touchent la rétine. Elles provoquent une dégradation progressive de celle-ci et peuvent entraîner une diminution de la vision pouvant, selon la forme et son évolution, aller jusqu’à la cécité. Différentes mutations peuvent être recherchées, notamment APR-crd1, APR-crd2 et APR-prcd.
La NCL est une maladie neurologique héréditaire et progressive. Elle affecte le système nerveux et peut provoquer différents symptômes, notamment des troubles de la coordination, des déplacements, du comportement ou de la vision. Plusieurs formes génétiques peuvent être recherchées, notamment NCL-A et NCL-E.
La HUU est une anomalie génétique qui affecte le métabolisme et l’élimination de l’acide urique. Chez un chien génétiquement atteint, elle peut favoriser la formation de cristaux ou de calculs urinaires, notamment au niveau de la vessie et des voies urinaires. La mutation recherchée concerne notamment le gène SLC2A9.
L’ichtyose est une maladie génétique qui touche la peau et sa kératinisation.Elle peut notamment provoquer une peau très sèche ainsi que la présence importante de squames ou de pellicules.
La CMR1 est une maladie génétique qui touche la rétine. Elle peut provoquer différentes lésions au niveau de celle-ci. L’importance des lésions et leurs conséquences sur la vision peuvent varier selon les individus.
Le gène MDR1, également appelé ABCB1, joue un rôle important dans la façon dont l’organisme réagit à certaines molécules. Une mutation de ce gène peut rendre un chien anormalement sensible à certains médicaments et augmenter le risque d’effets indésirables. Connaître le statut MDR1 est donc intéressant pour la sélection, mais également pour pouvoir transmettre cette information au vétérinaire avant certains traitements.
La myélopathie dégénérative est une maladie neurologique progressive qui touche la moelle épinière. Lorsqu’elle se déclare, elle peut notamment entraîner une faiblesse progressive des membres postérieurs et des difficultés de plus en plus importantes pour se déplacer. Le test recherche notamment une variante du gène SOD1 associée à cette maladie. Le résultat génétique renseigne sur le statut du chien, mais ne permet pas à lui seul de prédire avec certitude si celui-ci développera des symptômes au cours de sa vie.


C’est probablement la partie la plus importante à comprendre. Un chien qui n’est pas « Clear » n’est pas automatiquement un chien malade, et cela ne signifie pas non plus qu’il doit obligatoirement être écarté de la reproduction. Pour les maladies à transmission autosomique récessive, on retrouve principalement trois résultats :
Le chien possède deux copies normales du gène. Il ne possède pas la mutation recherchée et ne peut donc pas la transmettre à ses chiots.
Le chien possède une copie normale et une copie mutée. Dans le cas d’une maladie autosomique récessive, le chien est généralement sain pour cette maladie. Il peut cependant transmettre la copie mutée à une partie de ses chiots. Être porteur ne veut donc pas dire être malade. C’est justement là que le choix du deuxième reproducteur prend toute son importance.
Le chien possède deux copies mutées.Pour une maladie autosomique récessive, il possède le génotype associé à la maladie concernée. Les conséquences et l’expression de la maladie peuvent toutefois varier selon la mutation.
Oui.Pour une maladie autosomique récessive, un chien porteur peut être utilisé en reproduction à condition de connaître le statut génétique de son partenaire et de réaliser un mariage compatible. C’est justement tout l’intérêt de faire tester les deux reproducteurs.
Les deux parents ne possèdent pas la mutation.100 % des chiots seront Clear pour cette mutation.
Un parent est Clear et l’autre est porteur.Pour chaque chiot, les probabilités sont :50 % Clear
50 % Porteur
0 % homozygote mutéIl n’est donc pas attendu de chiot génétiquement atteint pour cette mutation récessive.Certains chiots pourront simplement être porteurs, comme leur parent, sans être malades.
Lorsque les deux parents sont porteurs de la même mutation, les probabilités pour chaque chiot sont :25 % Clear
50 % Porteur
25 % homozygote mutéC’est justement ce type de mariage que les tests génétiques permettent d’identifier et que nous cherchons à éviter lorsqu’il existe un risque de produire des chiots atteints. Ces pourcentages représentent une probabilité pour chaque chiot. Cela ne signifie pas qu’une portée de quatre chiots donnera obligatoirement un Clear, deux porteurs et un homozygote muté.
Parce qu’un chien et sa valeur en tant que reproducteur ne se résument pas au résultat d’une seule mutation génétique.Un chien porteur sain d’une maladie récessive peut présenter de nombreuses qualités intéressantes : santé générale, caractère, construction, pedigree, qualités propres à la race et diversité génétique.Être porteur ne signifie donc pas automatiquement qu’un chien doit être retiré de la reproduction. Ce qui compte, c’est de connaître son statut et de sélectionner un partenaire compatible afin de ne pas produire de chiots génétiquement atteints de la mutation concernée.C’est toute la différence entre simplement faire des tests et réellement comprendre et utiliser la génétique dans son programme d’élevage.
En complément des tests concernant les maladies héréditaires, nous réalisons également des tests ADN sur les caractéristiques génétiques de nos reproducteurs. Ces tests nous permettent notamment de connaître les gènes responsables de certaines couleurs, dilutions, motifs de robe, longueur du poil, mais aussi de savoir si un chien possède certaines variantes qu’il n’est pas toujours évident d’identifier uniquement à l’œil.
Nous recherchons notamment le Merle chez nos reproducteurs. Le Merle est un caractère génétique qui agit sur la pigmentation de la robe. Selon la variante présente et son expression, le motif peut être très visible chez certains chiens, mais beaucoup plus discret chez d’autres. C’est pourquoi l’apparence seule ne permet pas toujours d’établir précisément le statut génétique d’un chien. Connaître ce statut est particulièrement important avant un mariage, car l’accouplement de deux chiens possédant certaines variantes Merle peut augmenter le risque de produire des chiots présentant des problèmes de santé, notamment auditifs et oculaires.Le test ADN nous permet donc de connaître plus précisément le statut Merle de nos reproducteurs et d’éviter les associations génétiques à risque. Pour nous, les tests de caractéristiques génétiques ne servent donc pas uniquement à prévoir les couleurs des futurs chiots. Ils permettent aussi de mieux connaître nos reproducteurs et de préparer des mariages plus réfléchis, en complément de l’ensemble de nos tests de santé.

Nous ne cherchons pas à impressionner avec le plus gros chiffre de maladies testées. Notre démarche est simple : identifier correctement nos chiens, faire réaliser les prélèvements par notre vétérinaire, connaître leur statut génétique et sélectionner nos mariages en fonction des résultats. Un test génétique n’est pas une médaille à afficher sur la fiche d’un reproducteur. C’est avant tout un outil de travail et de sélection, qui nous permet de prendre des décisions réfléchies pour nos chiens et pour les générations futures.Les tests ADN ne garantissent évidemment pas qu’un chien ne rencontrera jamais de problème de santé. Ils recherchent des mutations précises et viennent en complément des autres examens de santé, de la sélection des reproducteurs et du suivi vétérinaire.